Innovation / Intelligence artificielle
Financer son projet d’intelligence artificielle
Aides à l’IA, France 2030, CIR et financements européens : qualifiez votre projet, vos dépenses et les conditions à vérifier avant de déposer.
Résumé opérationnel
Un projet d’intelligence artificielle peut mobiliser plusieurs leviers : aides directes à l’innovation, avances remboursables, prêts, concours et appels à projets, crédits d’impôt lorsqu’ils sont applicables, financements européens et partenariats avec des laboratoires. Le bon financement dépend moins du mot « IA » que de la nature réelle du projet, de son niveau de maturité, des verrous techniques, des dépenses, de la taille de l’entreprise et du calendrier. Une entreprise qui intègre un outil existant dans ses processus n’a pas le même profil qu’une PME qui développe une architecture nouvelle ou qu’un industriel qui entraîne un modèle pour une application critique.
Ce guide fournit une méthode pour qualifier le projet, repérer les familles de financement et préparer un dossier crédible. Les dispositifs cités sont des pistes à vérifier : leur existence ne signifie pas qu’un guichet est ouvert, qu’une dépense est éligible ou qu’une aide sera accordée. Le CTA de Capital OS permet de confronter les caractéristiques du projet aux conditions des dispositifs identifiés.
1. Définir précisément le projet d’IA avant de chercher une aide
La première étape consiste à décrire ce que l’entreprise construit, plutôt que de s’appuyer sur une étiquette générale. « Ajouter de l’IA » peut recouvrir une intégration de logiciel commercial, la création d’un assistant métier, un système de vision par ordinateur, un moteur de recommandation, un modèle spécialisé, une infrastructure de données ou un projet de recherche sur de nouvelles méthodes d’apprentissage.
Pour chaque projet, formalisez le problème métier, les utilisateurs, les données nécessaires, le résultat attendu, les performances actuelles, les performances visées et les contraintes de déploiement. Indiquez également ce qui existe déjà sur le marché et pourquoi les solutions connues ne répondent pas entièrement au besoin. Cette comparaison est essentielle pour déterminer s’il existe une véritable incertitude technique ou scientifique.
Un dossier solide ne prétend pas que toute automatisation constitue de la recherche. Il distingue l’intégration d’une technologie existante, l’ingénierie logicielle, le développement expérimental et la recherche visant à produire des connaissances ou à lever un verrou non résolu. Cette distinction influe sur les aides directes, les dispositifs fiscaux et les justificatifs à conserver.
2. Distinguer intégration, développement et R&D
Intégration d’une solution existante
Une entreprise qui achète une licence d’IA, connecte une API ou configure un outil pour ses salariés finance généralement un projet de transformation numérique. Les coûts peuvent inclure les abonnements, l’intégration, la cybersécurité, la formation, la conduite du changement et la gouvernance des données. Il ne faut pas présumer que ces dépenses relèvent du crédit d’impôt recherche ni d’un appel à projets de R&D.
Développement d’un produit logiciel intégrant de l’IA
Un éditeur qui crée une fonctionnalité nouvelle doit décrire les développements réalisés en interne, les composants tiers, les jeux de données, les tests, l’évaluation et les difficultés rencontrées. Le caractère innovant au sens commercial ne suffit pas, à lui seul, à établir l’éligibilité à un régime fiscal de recherche. Il faut appliquer les définitions et critères du dispositif concerné.
Recherche industrielle ou développement expérimental
Un projet peut comporter des travaux visant à dépasser l’état des connaissances ou à résoudre une incertitude technique. Par exemple : améliorer la robustesse d’un modèle dans un environnement très variable, réduire fortement les besoins en calcul tout en maintenant les performances, concevoir une méthode d’apprentissage adaptée à des données rares ou développer une approche nouvelle de validation. Le dossier doit identifier les hypothèses, protocoles, résultats et échecs, et pas seulement présenter une feuille de route produit.
Démonstrateur et déploiement industriel
Lorsque la technologie fonctionne mais nécessite une validation en environnement réel, les besoins peuvent concerner le démonstrateur, les équipements, les capteurs, l’intégration au système industriel, la qualification, la sûreté et le passage à l’échelle. Il faut alors examiner les appels sectoriels et industriels pertinents, plutôt que de chercher uniquement des aides génériques à l’IA.
3. Cartographier les dépenses du projet
Construisez un budget par lot de travail, période et catégorie de dépense. Séparez les coûts déjà engagés, les coûts futurs et les dépenses conditionnelles. Les dates d’engagement peuvent être déterminantes : plusieurs aides imposent de déposer le dossier avant de commencer les travaux ou de signer certains contrats.
Les dépenses possibles à examiner sont notamment :
- salaires des chercheurs, ingénieurs, data scientists, développeurs et techniciens affectés au projet, selon les règles du dispositif ;
- sous-traitance scientifique ou technique et prestations spécialisées ;
- acquisition, préparation, annotation, documentation et sécurisation de données ;
- calcul informatique, GPU, cloud, stockage et environnements de test ;
- logiciels, licences, outils d’expérimentation et environnements de développement ;
- prototypes, bancs d’essai, capteurs, équipements et démonstrateurs ;
- essais, évaluation indépendante, tests de robustesse, sécurité et conformité ;
- propriété intellectuelle, transfert de technologie et collaboration avec des organismes de recherche, dans les limites prévues par chaque régime.
Cette liste n’est pas une liste universelle de dépenses éligibles. Les abonnements cloud, les données, les licences, les frais de conseil, les dépenses de commercialisation ou les coûts généraux peuvent être traités différemment selon le programme. Pour chaque ligne, documentez le lien direct avec le projet, la période, la méthode de calcul et la pièce justificative.
4. Les aides directes à l’innovation : une première famille à examiner
Bpifrance propose différents accompagnements et financements de l’innovation dont les conditions varient selon la maturité, le profil de l’entreprise et la nature des travaux. Selon le produit concerné, le soutien peut prendre la forme d’une subvention, d’une avance récupérable, d’un prêt ou d’un accompagnement. Ces instruments n’ont pas les mêmes effets sur la trésorerie et le bilan : il faut lire le règlement applicable et comparer le coût réel, les échéances, les conditions de remboursement et les exigences de suivi.
Une jeune entreprise développant une technologie d’IA peut examiner les dispositifs d’aide à l’innovation ou de faisabilité. Une PME qui développe une solution plus mature peut devoir se tourner vers un autre instrument ou un appel ciblé. L’entreprise doit vérifier les critères en vigueur, notamment l’âge et la taille de l’entreprise, la localisation des travaux, les fonds propres, la capacité de cofinancement, la situation financière et le caractère incitatif de l’aide.
Préparez un résumé technologique clair, une description des verrous, un budget détaillé, un plan de financement, des jalons et des indicateurs de réussite. Le dossier doit aussi préciser les résultats attendus en France, la stratégie de propriété intellectuelle, les partenaires et le marché visé. Ne considérez pas un échange exploratoire avec un financeur comme une décision d’octroi.
5. France 2030 et les appels à projets thématiques
France 2030 soutient des projets stratégiques selon des cahiers des charges spécifiques. Des appels ont ciblé l’IA de rupture, l’IA industrielle, les usages sectoriels, les infrastructures numériques ou des filières particulières. Les modalités et dates varient d’un appel à l’autre ; certains sont clos alors que d’autres peuvent être annoncés ou relancés. Il faut donc consulter la fiche officielle du dispositif, le cahier des charges et la plateforme de dépôt à la date de la candidature.
Au 13 octobre 2026, l’appel « Pionniers de l’IA » est indiqué comme clos depuis le 9 juin 2026. L’appel à projets relatif au PIIEC Intelligence artificielle, dont l’objectif est de rapprocher de grands projets d’IA industrielle à l’échelle européenne, était indiqué ouvert du 16 juillet au 9 septembre 2026 : cette échéance est également passée. Ces exemples illustrent pourquoi un guide doit présenter les dispositifs comme des pistes historiques ou des références, et non comme des guichets automatiquement accessibles aujourd’hui.
Pour un nouvel appel, vérifiez les objectifs technologiques, le niveau d’ambition, le montant minimal de dépenses, la durée, les bénéficiaires, les partenariats attendus, la part de financement privé, les règles d’aide d’État et les obligations de diffusion ou de reporting. Les projets d’ampleur nationale ou européenne peuvent exiger une structuration collective et des ressources de gestion significatives.
6. Les dispositifs fiscaux : CIR, CII et recherche collaborative
Le crédit d’impôt recherche (CIR) peut concerner des dépenses de recherche répondant aux critères légaux. Il ne suffit pas de développer un logiciel, d’utiliser un modèle d’IA ou d’améliorer un produit pour être automatiquement éligible. L’entreprise doit être en mesure de caractériser les travaux, les incertitudes, l’état des connaissances, la démarche suivie et les résultats. Les dépenses retenues, les taux, les exclusions et les modalités déclaratives évoluent : consultez la documentation fiscale applicable à l’exercice concerné.
Le crédit d’impôt innovation (CII), lorsqu’il est applicable à l’entreprise et à la période considérée, vise un périmètre spécifique d’opérations d’innovation. Il ne se confond pas avec le CIR et ne doit pas être présenté comme un financement universel des développements numériques. Il faut analyser séparément le produit, les prototypes ou installations pilotes concernés, les critères de nouveauté et les dépenses admises par la loi en vigueur.
Le crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative (CICo) peut être pertinent lorsque l’entreprise conclut un contrat de collaboration de recherche répondant aux conditions légales avec un organisme de recherche éligible. Il faut vérifier le statut du partenaire, le contrat, les travaux et les dépenses concernées. Le CICo ne doit pas être confondu avec une simple prestation de sous-traitance.
La documentation de l’administration fiscale et du BOFiP doit servir de référence. En cas de doute, une analyse spécialisée et, lorsque le dispositif le permet, une procédure de sécurisation adaptée peuvent limiter le risque de contestation. Le guide n’est pas un avis fiscal et ne remplace pas l’analyse du dossier réel.
7. Les financements européens et les partenariats de recherche
Les programmes européens peuvent convenir à des projets ambitieux, collaboratifs ou à fort potentiel de diffusion. Horizon Europe, les instruments du Conseil européen de l’innovation et les dispositifs liés aux projets européens d’intérêt commun ne s’adressent pas tous au même niveau de maturité. Certains financent la recherche collaborative, d’autres accompagnent des innovations à fort risque ou le passage à l’échelle, avec des exigences distinctes.
Avant de monter un consortium, vérifiez l’appel exact, les pays et catégories de partenaires admissibles, les règles de propriété intellectuelle, la gouvernance, les coûts admissibles, le taux de financement et les obligations de diffusion. La constitution d’un consortium prend du temps : elle doit commencer bien avant la date limite et inclure une répartition claire des responsabilités et des résultats.
Les collaborations avec des universités, laboratoires, organismes de recherche ou centres techniques peuvent apporter des compétences et des moyens expérimentaux. Elles exigent toutefois un accord précis sur les tâches, les données, la confidentialité, les publications, les logiciels, les brevets et l’exploitation commerciale. Une collaboration de recherche bien définie peut également aider à distinguer la prestation courante des travaux de recherche réellement menés en commun.
8. Financer les données, le calcul et l’infrastructure
Les projets d’IA peuvent consommer des ressources importantes en calcul, stockage et traitement des données. Décrivez la stratégie d’infrastructure : cloud public, cloud privé, calcul interne, fournisseurs spécialisés ou accès à une infrastructure de recherche. Comparez le coût total, la sécurité, la localisation des données, la portabilité, la disponibilité, la consommation énergétique et le risque de dépendance fournisseur.
Ne supposez pas que les factures de GPU, de cloud ou d’annotation seront automatiquement prises en charge par une aide. Certains appels peuvent accepter une partie de ces coûts lorsqu’ils sont directement liés aux travaux et prévus par le règlement ; d’autres les excluent ou limitent leur prise en compte. Les crédits cloud commerciaux et les programmes d’accompagnement privés ne sont pas équivalents à une subvention publique et peuvent comporter des conditions contractuelles.
Établissez un inventaire des jeux de données, de leurs sources, des droits d’utilisation, des licences, des données personnelles éventuelles, de la qualité et des limites. Prévoyez la gouvernance, la sécurité, la documentation, les contrôles de biais et la traçabilité. Les dépenses de mise en conformité ou de gouvernance ne sont finançables que si le dispositif le prévoit : il faut les qualifier séparément.
9. Les projets d’IA appliqués à un secteur
Une application d’IA peut être mieux financée par un programme sectoriel que par un appel généraliste. C’est notamment le cas pour l’industrie, la santé, l’agriculture, l’énergie, la mobilité, la défense, la cybersécurité ou la transition écologique. Le sujet principal de l’appel peut être la performance industrielle, la décarbonation, la souveraineté technologique ou la transformation d’une filière, l’IA étant un moyen technique au service de l’objectif.
Décrivez l’impact mesurable : temps de cycle réduit, défauts détectés, consommation énergétique économisée, qualité améliorée, meilleure disponibilité des équipements, accès à un service, réduction de pertes ou amélioration de la sécurité. Les indicateurs doivent être vérifiables et comparés à une situation de référence. Évitez les promesses générales telles que « révolutionner le secteur » sans métriques, protocole d’évaluation ni données probantes.
Si le projet porte sur un domaine réglementé ou à risque élevé, anticipez les exigences de validation, de sécurité, de supervision humaine, de documentation et de responsabilité. Ces contraintes influencent le calendrier et le budget. Elles peuvent aussi déterminer si le projet doit être conçu avec un partenaire métier ou un organisme d’évaluation.
10. Construire un plan de financement crédible
Le budget total du projet ne correspond pas nécessairement à l’assiette éligible d’une aide. Faites apparaître séparément les dépenses totales, les dépenses potentiellement éligibles, le soutien demandé, les fonds propres mobilisés, les financements bancaires, les revenus attendus et les autres concours publics. Un plan crédible doit rester viable même si une aide est refusée ou versée plus tard que prévu.
Modélisez plusieurs scénarios : financement accordé au montant espéré, soutien inférieur, décision retardée et absence d’aide. Intégrez les délais de versement, les avances de trésorerie, les justificatifs, les éventuelles retenues et le besoin de préfinancement. Une subvention peut réduire le coût économique du projet mais ne résout pas nécessairement le besoin de trésorerie immédiat.
Évitez de compter deux fois une même dépense dans plusieurs dispositifs. Les règles de cumul dépendent du régime, du type d’aide, de l’assiette, des plafonds d’intensité et des obligations de déclaration. Conservez un tableau de rapprochement entre les dépenses, les factures, les temps passés, les aides demandées et les aides obtenues.
11. Préparer un dossier technique convaincant
Un dossier efficace commence par le problème à résoudre, l’état de l’art et le verrou. Il présente ensuite les hypothèses, les méthodes envisagées, les alternatives étudiées, les expériences prévues, les critères de réussite et les risques. Les évaluateurs doivent comprendre ce qui est réellement incertain et pourquoi les ressources demandées sont nécessaires.
Documentez les compétences de l’équipe, les partenaires, la gouvernance, la propriété des résultats, les moyens techniques et les capacités financières. Pour chaque lot, identifiez un responsable, un livrable, une échéance, un coût et un critère de validation. Les jalons doivent être réalistes et cohérents avec les recrutements, les contrats de recherche, la disponibilité des données et l’accès au calcul.
Présentez le marché sans remplacer la démonstration technologique par des projections commerciales. Expliquez qui paiera, pourquoi la solution sera meilleure que les alternatives, les barrières à l’entrée, la stratégie de distribution et le potentiel de déploiement. Pour les projets stratégiques, explicitez les retombées industrielles, les emplois, la souveraineté, les partenariats et les bénéfices environnementaux lorsque ces éléments sont pertinents pour l’appel.
12. Les pièces à réunir avant de déposer
Préparez une fiche projet, un résumé non confidentiel, un dossier technique, un budget détaillé, un plan de financement, un calendrier, les derniers comptes disponibles, une présentation de l’équipe et les documents juridiques requis. Selon le dispositif, il peut être nécessaire de fournir des devis, des lettres d’intention de partenaires, des justificatifs de propriété intellectuelle, un plan de gestion des données ou des attestations administratives.
Pour les travaux de R&D, conservez les comptes rendus d’expériences, les versions de code, les tickets techniques, les résultats de tests, les rapports d’échec, les décisions d’architecture et les feuilles de temps lorsque celles-ci sont requises. La documentation doit être contemporaine des travaux : une reconstruction plusieurs années plus tard est plus fragile et plus coûteuse.
N’engagez pas les dépenses avant d’avoir vérifié les règles de date de démarrage. Selon le programme, une commande, un contrat signé ou le début effectif des travaux peut être considéré comme un commencement. Demandez une confirmation écrite au gestionnaire du dispositif lorsque la règle n’est pas claire.
13. Exemple pratique : une PME qui développe un modèle métier
Une PME industrielle développe un modèle qui détecte des défauts à partir d’images prises sur une ligne de production. Elle prévoit de constituer un jeu de données, de comparer plusieurs approches, de tester la robustesse dans des conditions variables et d’intégrer le modèle à un système existant. Le projet comprend des ingénieurs, des équipements de capture, des ressources de calcul, des tests et une phase pilote chez un client.
La première question n’est pas « quelle subvention IA peut-on obtenir ? », mais « quels travaux relèvent d’une intégration connue et quels travaux cherchent à lever une incertitude technique ? ». Les tâches de recherche et d’expérimentation sont décrites séparément des développements d’intégration et du déploiement commercial. Les dépenses sont affectées à chaque lot et rapprochées des règles de chaque financement envisagé.
La PME examine ensuite les aides directes à l’innovation, les appels sectoriels et régionaux, les possibilités de collaboration avec un laboratoire et les dispositifs fiscaux applicables. Elle vérifie les fenêtres de dépôt et la règle de commencement des travaux. Elle construit enfin un scénario financier sans aide et un scénario dans lequel le soutien est versé après les premières dépenses. Cette méthode ne garantit pas l’octroi, mais rend le dossier plus lisible et le projet moins dépendant d’une décision incertaine.
14. Erreurs fréquentes à éviter
- Présenter toute intégration d’IA comme un projet de R&D.
- Copier un dossier de subvention générique sans démontrer les verrous techniques propres au projet.
- Budgéter des dépenses déjà engagées alors que le dispositif impose une demande préalable.
- Confondre un appel fermé avec un programme qui pourrait être relancé ultérieurement.
- Additionner plusieurs taux d’aide sans vérifier les plafonds, les règles de cumul et les assiettes.
- Considérer les dépenses cloud, de données ou de commercialisation comme éligibles sans lire le règlement.
- Sous-estimer le besoin de trésorerie et les délais de décision ou de paiement.
- Négliger la propriété intellectuelle, les droits sur les données ou les accords de consortium.
- Présenter des gains de performance sans protocole de test, référence ou mesure indépendante.
- Confondre un échange de préqualification avec une promesse de financement.
15. Méthode Capital OS : passer de la recherche à une shortlist exploitable
Capital OS doit croiser les caractéristiques de l’entreprise avec les règles des dispositifs, plutôt que se limiter à une recherche par mots-clés. Le profil peut inclure le SIRET, la région, la taille, le secteur, la situation financière, les effectifs, la maturité technologique, les dépenses, les partenaires, le calendrier et les objectifs. Les champs incomplets doivent être signalés plutôt que remplacés par des suppositions.
Pour chaque aide candidate, le rapport devrait afficher le financeur, le type de soutien, les bénéficiaires, les dépenses couvertes, le taux ou plafond lorsqu’il est vérifié, le statut du guichet, les dates, les conditions de cumul, la source officielle et la date de dernière vérification. Une aide dont la fenêtre est close peut rester utile comme référence pour surveiller une nouvelle relève, mais elle ne doit pas apparaître comme immédiatement mobilisable.
Le résultat utile est une shortlist hiérarchisée : dispositifs à examiner en priorité, informations manquantes, risques de non-éligibilité, documents à préparer et prochaines actions. L’outil doit distinguer clairement « correspondance potentielle », « critères vérifiés » et « décision du financeur ». Aucune correspondance algorithmique ne vaut accord de financement.
16. Plan d’action sur 30 jours
Semaine 1 — Qualification. Décrire le problème, le produit, le niveau de maturité, les verrous, les données, les partenaires et les résultats mesurables. Séparer intégration, développement et recherche.
Semaine 2 — Budget et preuves. Ventiler les dépenses par lot, établir le calendrier, réunir les justificatifs, identifier les ressources internes et préparer un scénario sans aide.
Semaine 3 — Préqualification. Vérifier les sources officielles, les guichets ouverts, les dates, les critères, les règles de démarrage, les dépenses éligibles et les besoins de cofinancement. Contacter les interlocuteurs institutionnels si une interprétation est nécessaire.
Semaine 4 — Décision et dépôt. Prioriser les dispositifs réellement adaptés, finaliser le dossier, faire relire les éléments techniques et financiers, vérifier la cohérence des chiffres et archiver la version déposée. Planifier le suivi des demandes et des pièces à produire.
Sources officielles
- Direction générale des Entreprises : fiches des appels à projets France 2030 et du PIIEC Intelligence artificielle. Les pages précisent les dates et le cahier des charges de chaque appel ; les appels cités dans ce guide peuvent être clos.
- Direction générale des Entreprises : fiche « Pionniers de l’intelligence artificielle », dont la période publiée allait du 18 septembre 2025 au 9 juin 2026.
- impots.gouv.fr : page « Puis-je prétendre au crédit impôt recherche ? », formulaire 2069-A-SD et simulateur de crédit d’impôt pour dépenses de recherche.
- BOFiP : doctrine relative au crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative (CICo), à lire dans sa version applicable à la période concernée.
- Bpifrance : catalogue des aides et financements de l’innovation, à vérifier selon la situation et le territoire de l’entreprise.
La recherche de ces sources constitue un point de départ, pas une validation complète de chaque aide. Pour un dossier réel, vérifier également les règles d’aides d’État et les conditions contractuelles du dispositif.
18. FAQ — Financement d’un projet d’intelligence artificielle
Une entreprise qui utilise une API d’IA peut-elle obtenir une aide à la R&D ?
L’utilisation d’une API ne suffit pas à établir l’éligibilité à une aide de recherche. Il faut qualifier les travaux réellement réalisés, les incertitudes et les règles du dispositif. Une démarche d’intégration peut relever d’autres financements de transformation numérique, selon les guichets disponibles.
Le CIR finance-t-il automatiquement le développement d’un logiciel d’IA ?
Non. Le projet doit répondre aux critères du CIR et les dépenses doivent être justifiées selon les règles applicables. Le caractère numérique ou innovant commercialement ne suffit pas à lui seul.
Peut-on financer les coûts de cloud et de GPU ?
Cela dépend du programme et de son règlement. Certaines dépenses de calcul peuvent être acceptées si elles sont directement liées aux travaux et explicitement admises ; d’autres peuvent être exclues ou plafonnées. Il faut vérifier avant d’intégrer ces coûts à l’assiette.
France 2030 finance-t-il tous les projets d’IA ?
Non. France 2030 fonctionne par dispositifs et cahiers des charges. Les objectifs, la maturité, les dépenses, les bénéficiaires et les calendriers diffèrent. Un appel fermé ne doit pas être présenté comme ouvert.
Peut-on cumuler une subvention et un crédit d’impôt ?
Le cumul dépend des règles de chaque mécanisme et du traitement des dépenses financées. Certaines aides publiques doivent être déduites de l’assiette fiscale concernée ou peuvent être soumises à des plafonds. Il faut calculer le cumul avant de déposer et conserver une traçabilité par dépense.
Faut-il déposer avant de commencer le projet ?
De nombreux dispositifs imposent une condition liée au commencement des travaux ou à la date de dépôt. La règle varie selon le programme. Il faut vérifier les clauses exactes et demander confirmation au gestionnaire si nécessaire.
Une startup sans chiffre d’affaires peut-elle solliciter un financement ?
C’est parfois possible, mais cela dépend du dispositif, de la maturité du projet, des fonds propres, du cofinancement et de la capacité à mener les travaux. Un plan de financement réaliste et une équipe crédible sont importants.
Comment choisir entre une aide française et un programme européen ?
Comparer la taille du projet, les délais, le besoin de consortium, la maturité, les coûts de montage et les obligations de reporting. Un programme européen peut être pertinent pour un projet ambitieux et collaboratif, mais son coût de préparation doit être pris en compte.
19. Conclusion : financer un projet, pas seulement une technologie
La meilleure stratégie de financement commence par une description précise du projet et de ses incertitudes. Elle associe un budget traçable, un calendrier réaliste, une analyse des dispositifs et une stratégie de repli si le soutien attendu n’est pas accordé. Le terme « intelligence artificielle » peut aider à identifier des appels pertinents, mais il ne remplace ni les critères d’éligibilité ni la démonstration technique.
Pour préparer une shortlist adaptée à l’entreprise, il faut rapprocher le secteur, le SIRET, la localisation, la maturité, les dépenses et les objectifs avec les règles actualisées des aides. Les sources officielles doivent être vérifiées avant chaque dépôt, car les appels et conditions évoluent.
Vérifier mon éligibilité aux aides publiques
Contenu rédigé et en cours de validation éditoriale — ne constitue pas une évaluation d'éligibilité, seul le rapport personnalisé applique les critères réels de votre entreprise.
Aides citées dans ce guide
Crédit d'Impôt Innovation (CII)
Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Espace, Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle, Energétique et Numérique
400 000 € max
Exonération fiscaleCrédit d'impôt Recherche (CIR)
Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Espace
Exonération fiscaleCrédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative
Ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Espace
6 000 000 € max
Avance remboursableAide à l'innovation
Métropole Européenne de Lille - MEL
SubventionAide à l'innovation
Mont de Marsan agglo
10 000 € max
France 2030 - Appel à projets (AAP) : 'Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) sur l’intelligence artificielle'
Bpifrance
Correspondance établie par rapprochement texte (sigles officiels, titres distinctifs) entre le contenu de ce guide et le catalogue d'aides — pas exhaustif, jamais un lien inventé.
Au-delà du guide
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