Étape 1 · PME traditionnelle

Financer la création de son entreprise

Apport, premier prêt bancaire, charges des débuts : les dispositifs publics qui rendent le démarrage possible.

  • 361
    dispositifs ouverts
  • 2
    clôturés (historique)
  • 31 nationaux
    229 locaux ou régionaux
  • 5
    familles de financement

Créer un commerce, un atelier, une entreprise de services ou de bâtiment se finance rarement avec une seule aide. Le schéma le plus courant combine un apport personnel renforcé par un prêt d’honneur, un prêt bancaire sécurisé par une garantie, et des dispositifs qui allègent les charges des premiers mois — exonération de cotisations (ACRE) et, pour les demandeurs d’emploi, maintien ou capital de l’allocation chômage.

Cette page s’adresse aux créateurs d’entreprises « traditionnelles ». Si votre projet repose sur une technologie ou une innovation à développer, les financeurs et les dispositifs sont différents : voyez le parcours startup.

Que faut-il financer au moment de la création ?

Les besoins d’un créateur se répartissent en trois blocs. Chacun appelle des financements différents, et les banques regardent l’équilibre entre les trois.

L’apport et les fonds propres

La part du projet financée sans dette bancaire. Un apport jugé trop faible bloque souvent le prêt : c’est ce que comblent les prêts d’honneur, à taux zéro et sans garantie demandée.

Les investissements de départ

Local, travaux, équipements, véhicule, stock initial ou fonds de commerce : l’essentiel du besoin, financé en général par un prêt bancaire, que la garantie d’un organisme spécialisé rend plus accessible.

La trésorerie des premiers mois

Loyers, premiers salaires, délais de paiement des clients et rémunération du dirigeant avant que l’activité ne tourne : l’ACRE, l’ARE ou l’ARCE allègent cette période.

Quelle est votre situation ?

Les dispositifs clés

Les dispositifs nationaux sur lesquels repose le plus souvent un plan de financement de création.

Exonération fiscale

Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise (ACRE) - Exonération de début d'activité

Ministère du Travail et des Solidarités, URSSAF

Exonération partielle de cotisations sociales au démarrage. Non automatique : demande à l’Urssaf dans les 60 jours.

Subvention

Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE)

Ministère du Travail et des Solidarités

Pour les demandeurs d’emploi indemnisés : 60 % des droits restants versés en capital, en deux fois.

Subvention

Cumul des revenus avec l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE)

Ministère du Travail et des Solidarités

L’alternative à l’ARCE : conserver une partie de l’allocation chaque mois pendant le démarrage.

Garantie

Garantie Création

Bpifrance

Garantie Bpifrance d’une partie du prêt bancaire de création, sollicitée par la banque.

Garantie

SIAGI - Garantie Création

SIAGI

4 000 000 € max

Garantie de la SIAGI pour les créations portées par des entreprises de moins de 50 salariés (artisanat, commerce, services…).

Garantie

Garantie EGALITE Femmes

France Active, Ministère chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

50 000 € max

Seul dispositif national de garantie dédié aux entrepreneures : sécurise une partie du prêt bancaire de création, de reprise ou de développement.

Exonération fiscale

Contrat d'appui au projet d'entreprise (CAPE)

Ministère du Travail et des Solidarités, URSSAF

Pour les porteurs de projet en difficulté d’insertion : préparer et tester la création au sein d’une structure d’accompagnement, avant d’immatriculer sa propre entreprise.

Subvention

Projet initiative-jeune (PIJ) - Aide nationale

Ministère du Travail et des Solidarités

9 378 € max

Pour les 18-30 ans qui créent ou reprennent une entreprise dans certains territoires d’outre-mer.

Quels financements publics pour créer son entreprise ?

Capital OS recense aujourd’hui 361 dispositifs ouverts rattachés à la création d’entreprise : 31 accessibles partout en France et 229 réservés à un territoire (région, département, intercommunalité ou commune). Ils relèvent de cinq familles qui ne se remplacent pas les unes les autres :

  • Les prêts d’honneur : prêts à taux zéro, sans garantie demandée, accordés par un comité de chefs d’entreprise et assortis d’un accompagnement. Ils renforcent l’apport du créateur. Réseaux principaux : Initiative France, Réseau Entreprendre, France Active.
  • Les garanties : elles ne versent rien à l’entreprise mais couvrent une partie du prêt pour la banque (Bpifrance, SIAGI, France Active, fonds régionaux). C’est la banque qui les sollicite.
  • Les exonérations : l’ACRE réduit les cotisations sociales du démarrage ; certains territoires (zones d’aide à finalité régionale, zones France Ruralités Revitalisation…) exonèrent en plus d’impôt sur les bénéfices ou de cotisation foncière les entreprises qui s’y créent.
  • Les aides des demandeurs d’emploi : maintien de l’ARE ou versement en capital (ARCE), au choix.
  • Les subventions locales : primes à la création, aides au loyer ou à l’installation d’un commerce, souvent ciblées sur les centres-villes, les zones rurales ou les quartiers prioritaires.

Comment obtenir un prêt bancaire quand on crée ?

La banque finance les investissements, mais elle attend un apport et des garanties. Les deux leviers publics agissent sur ces deux points. Le prêt d’honneur augmente l’apport : Initiative France le présente comme un prêt à taux zéro, sans garantie demandée, qui « renforce votre apport personnel et les fonds propres de votre entreprise », indissociable d’un accompagnement dans la durée.

La garantie réduit le risque pris par la banque. La SIAGI indique par exemple une quotité de 20 à 70 % (selon la présence d’un co-garant) pour des crédits de 5 000 € à 4 000 000 €, au profit d’entreprises de moins de 50 salariés. Ces paramètres sont ceux de l’offre au moment de la vérification et sont confirmés par la banque lors du montage du prêt.

L’ordre compte : obtenir l’accord d’un réseau de prêt d’honneur avant le rendez-vous bancaire permet de présenter un plan de financement déjà consolidé.

ACRE : quelle exonération selon votre statut ?

L’ACRE est une exonération temporaire de cotisations sociales en début d’activité, réservée à ceux qui n’en ont pas bénéficié au cours des trois années précédentes. Elle n’est pas automatique : la demande se fait auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l’activité, avec le justificatif de création.

  • Micro-entrepreneur : taux de cotisations minoré à 75 % du taux normal, soit une exonération de 25 %, jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d’activité. L’éligibilité est réservée à certains publics (demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes de 18 à 25 ans, créations en quartier prioritaire ou en zone France Ruralités Revitalisation…).
  • Autres indépendants et dirigeants de société : exonération partielle des cotisations personnelles pendant 12 mois — 25 % jusqu’à 36 045 € de revenu professionnel annuel, dégressive jusqu’à 48 060 €, nulle au-delà. En société, le créateur doit en détenir le contrôle effectif.

Demandeur d’emploi : ARCE ou maintien de l’allocation ?

Un demandeur d’emploi indemnisé qui crée son entreprise choisit entre deux options, non cumulables. L’ARCE verse 60 % des droits restants à l’ARE, après une retenue de 3 % au titre des retraites complémentaires : la moitié au début de l’activité, le solde six mois plus tard si l’activité se poursuit et que le créateur n’occupe pas un CDI à temps plein. Elle suppose d’avoir obtenu l’ACRE.

Le maintien de l’ARE permet au contraire de percevoir chaque mois une partie de l’allocation, calculée selon les revenus déclarés. Pour les droits ouverts depuis le 1er avril 2025, ce cumul est plafonné à 60 % du capital de droits restant à la date de création, selon France Travail.

Le capital de l’ARCE convient mieux à un projet qui demande un investissement de départ ; le maintien de l’ARE, à une activité qui démarre progressivement. Contrairement au maintien de l’ARE, l’option ARCE ne permet pas de valider des trimestres de retraite de base.

Où trouver les aides locales à la création ?

Les aides des collectivités sont nombreuses mais très ciblées : un territoire précis, un type d’activité (commerce de proximité, artisanat), parfois un public (jeunes, demandeurs d’emploi, créatrices). Elles prennent la forme de primes, d’aides au loyer des premiers mois ou de prêts à taux zéro portés par une plateforme locale.

Elles sont souvent attribuées au titre du règlement européen de minimis, qui plafonne le total des aides reçues sur trois ans : le cumul de plusieurs aides locales doit donc être vérifié. Utilisez le filtre « Aides locales » du catalogue ci-dessous, puis le rapport personnalisé pour ne retenir que celles de votre commune.

Quelles conditions pour en bénéficier ?

Trois conditions reviennent dans la plupart des dispositifs de création. Le calendrier d’abord : beaucoup d’aides doivent être demandées avant ou juste après l’immatriculation (60 jours pour l’ACRE), et ne sont plus accessibles ensuite. Le porteur ensuite : les prêts d’honneur et l’ACRE visent la personne du créateur, ce qui suppose qu’il dirige effectivement l’entreprise. Le projet enfin : un plan de financement et un prévisionnel sont demandés par les comités de prêt d’honneur comme par les banques.

Tous les dispositifs de l’étape

82 dispositifs correspondant aux filtres — page 2 sur 5

Subvention

Aide à la création et au développement des TPE

CC du Ponthieu-Marquenterre

3 000 € max

Subvention

Aide à la création et la reprise d'entreprise

AGEFIPH

3 000 € max

Subvention

Aide à la création et à la reprise d'entreprises

CC du Pays de Mormal

3 000 € max

Subvention

Aide à la création et/ou reprise

CC du Grand Roye, Région Hauts-de-France

3 000 € max

Subvention

Aide à l’installation de nouvelles entreprises

CC Xaintrie Val’Dordogne

3 000 € max

Subvention

Prime à la création-reprise dans les territoires fragilisés (PCRTF)

Région Bourgogne-Franche-Comté

3 000 € max

Subvention

Aide à la création, à la reprise et au développement

CC du Pays de Lumbres

3 500 € max

Subvention

Aide aux créateurs

CC des Crêtes Préardennaises

4 000 € max

Subvention

Aide à la création d'entreprises par des publics prioritaires

CCI de l'Oise

4 000 € max

Subvention

Aide à la création et à la reprise des TPE

CC des Trois Rivières

4 000 € max

Subvention

Aide à la création-reprise d'entreprises

CC Pays d'Opale

4 000 € max

Subvention

Aide à l'entrepreneuriat des jeunes

Région Grand Est

5 000 € max

Subvention

Aide à l'entrepreunariat du Rouillacais

CC du Rouillacais

5 000 € max

Subvention

Aide à l'installation de commerces en centre-ville

Ville de Morteau

5 000 € max

Subvention

Aide à la création

CC des 7 Vallées

5 000 € max

Subvention

Aide à la création et à la reprise d'entreprise

CC Nièvre et Somme

5 000 € max

Subvention

Aide à l’installation, au développement et à la reprise d’une affaire

CA Pau Béarn Pyrénées

5 000 € max

Subvention

Start Coup de pouce

Région Normandie

5 500 € max

Dispositifs clôturés (historique)

Ces dispositifs ne sont plus ouverts aux candidatures ; ils restent listés pour mémoire et en prévision d’une éventuelle réouverture.

Clôturée
Subvention

Concours Créatrices d'avenir

Caisse des Dépôts et Consignations, Région Ile-de-France

43 000 € max

Clôturée
Prix

Concours Talents des Cités

Bpifrance, Ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature

7 000 € max

Dispositifs rattachés à cette étape après relecture individuelle (les propositions non revues ne sont jamais affichées). Portée « nationale » ou « locale » selon le territoire déclaré par le dispositif ; 101 dispositif(s) sans territoire renseigné ne sont comptés dans aucune des deux.

Étude de cas

Les étapes pour obtenir les financements

  1. 1Chiffrer le projetPlan de financement (besoins et ressources) et prévisionnel sur trois ans.
  2. 2Passer en comité de prêt d’honneurInitiative France, Réseau Entreprendre ou France Active selon le projet ; l’accord renforce l’apport.
  3. 3Présenter le dossier à la banqueAvec le prêt d’honneur acquis ; la banque sollicite la garantie (Bpifrance, SIAGI, France Active).
  4. 4Choisir ARCE ou maintien de l’AREPour les demandeurs d’emploi, avant le démarrage, selon le besoin de capital.
  5. 5Immatriculer puis demander l’ACREAu guichet des formalités des entreprises, puis demande à l’Urssaf dans les 60 jours.

Ressources utiles

Questions fréquentes

Peut-on cumuler l’ACRE et l’ARCE ?

Oui : l’ACRE est même une condition de l’ARCE. En revanche, l’ARCE et le maintien de l’ARE s’excluent, il faut choisir l’une des deux options.

Le prêt d’honneur est-il versé à l’entreprise ?

Il est accordé au créateur, qui l’apporte à son entreprise pour renforcer ses fonds propres. Il est sans intérêt et sans garantie demandée, mais il se rembourse.

Une garantie Bpifrance ou SIAGI dispense-t-elle de caution personnelle ?

Pas nécessairement. La garantie protège la banque pour une partie du prêt ; les autres sûretés éventuellement demandées relèvent de la négociation avec la banque.

L’ACRE est-elle automatique en 2026 ?

Non. Elle doit être demandée à l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début de l’activité, avec le justificatif de création. Pour un micro-entrepreneur, l’Urssaf répond sous 30 jours ; sans réponse, l’ACRE est considérée comme accordée.

Ces aides valent-elles pour une reprise d’entreprise ?

Beaucoup de dispositifs de cette page (ACRE, ARCE, nombreux prêts d’honneur) couvrent la création comme la reprise. Les financements propres au rachat d’une entreprise (prêts et garanties transmission) font l’objet d’une étape distincte.

Les aides locales sont-elles cumulables entre elles ?

Souvent, mais dans la limite du plafond de minimis lorsqu’elles relèvent de ce régime, et selon les règles propres à chaque collectivité. Le rapport personnalisé vérifie ce point à partir de votre localisation.

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Sources officielles

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